dimanche 29 novembre 2009

Sous l'alcôve végérale...

Sous l'alcôve végétale tes baisers sont des poissons d'argent qui glissent sur ma peau.
Je frissonne au soir qui s'en vient.
Les ombres sombres apprivoisent l'espace. Une à une les étoiles s'allument, fragiles et vacillent. Fouler l'herbe sauvage, suivre les lucioles, guidée par mon coeur papillon. A force de battre si fort, il semble vouloir s'échapper. Un lien fragile m'attache encore à lui. Où vas-tu de tes ailes légères, avec tout ce rouge qui palpite?! Tu fais encore des tiennes à ne jamais me laisser tranquille!
L'azur s'éteint. Le silence est comme une présence.
Enlacée de ton manque, la nuit de velours m'étreint de caresses perdues. F.C

Coeur papillon...


Mon coeur papillon


jeudi 26 novembre 2009

La femme aux cheveux bleus...

Paris.
S'asseoir à la terrasse d'un café, et regarder la vie qui va. Il pleut. J'ai ce livre, "Lettre à l'inconnue" de St Exupéry. Tous ces mots contenus, imprimés petits scarabés, sur le blanc du papier, une histoire d'amour éphémère. Là, les mots s'affolent, caressent et pardonnent. Mon coeur oiseau affolé s'emballe, histoires parallèles, similitude. Le vent me chahute me pousse à partir. Les nuages défilent, emportent avec eux les instants, les minutes, les heures qui m'éloignent de toi pour l'éternité?!

F.C

Honey and the moon.

"Don't know why I'm still afraid
if you weren't real
I would make you up, now

I wish that I could follow through
I know that your love is true and deep as the sea
But right now everything you want is wrong
And right now all your dreams are waking up
And right now I wish I could follow you
To the shores of freedom
Where no one lives

Remember when we first met
And everything was still a bet in love's game
You would call, I'd call you back
And then I'd leave a message on your answering machine
But right now everything is turning blue
And right now the sun is trying to kill the moon
And right now I wish I could follow you
To the shores of freedom
Where no one lives"...

Joseph Arthur.

mardi 24 novembre 2009

Petit mot...

Mes mains sont devenues bavardes, c'est à cause de toi.

dimanche 22 novembre 2009

Femme au tambour à la rose...

D'un dessin partagé, est née,
"la femme au tambour à la rose"...
C'est une complicité, un mélange plein de poésie, qui franchit l'océan.

Là, je lui donne vie, à ma façon. Curieuse et attentive, je modèle la terre. Le trait du pinceau, est vif,et caressant à la fois.
J'avais trouvé une bouteille portée par la vague, précieux présent. Mes mains sont devenues bavardes. Alors...

La femme est en mouvement. Elle est en chemin. L'onde bleue en tourbillon l'entoure, la porte, c'est elle qui lui donne vie au rythme musicale de son coeur tambour. Légère, elle avance, dans ses cheveux sombres l'écume semble se mêler d'arabesques.
La rose, éphémère et la fragilité des choses.
Velours, gouttes de rosée, épines au rouge de son coeur.
Les mots, les paroles, les gestes d'amour, les attentions, l'amitié... Tout cela a une résonnance. Petits ricochets qui font naître des éclats d'argent, pour qu'ils arrivent jusqu'à toi.

F.C


Femme au tambour à la rose...


La rose... dans son jardin d'écume.


jeudi 12 novembre 2009

Parlez moi de la pluie...

Ce jour là... Je pensais que j'allais mourir.
La pluie était violente, violette comme l'orage et tout ce bleu dans mon âme.
Mon coeur au bord des lèvres, s'emblait vouloir s'enfuir.
Les larmes se mèlaient à la pluie, petits affluents de lave venant grossir le torrent. Les mots se perdaient à la volée, plus aucune douceur, pomme d'amour. Le sang de mon coeur, répandu sur l'asphalte gris. Et de tout ce rouge?! J'allais en faire quoi?!
Les petits serpents noirs accrochés à ma chevelure,
si jolis d'habitude, étaient algues mortes dans l'obscurité de l'abysse.

..."Dans le noir ton regard est désespoir".
J'ai fait ce rêve est sans cesse ces mots martèlent mon esprit.
..."Dans le noir ton regard est désespoir".

Et puis il y a la pluie des sentiers d'automne. Ceux de mon enfance, et encore aujourd'hui, pur bonheur. L'odeur d'humus, et la brume mystérieuse qui se lève.
Pan se cache derrière un arbre.

Et puis...
Marcher sous la pluie, à Paris.
Ciel gris, et mon coeur au diapason.
Un livre dans la main. Oh! Toute cette poésie d'un coup. Le vent, qui s'accroche à mes cheveux, et ce parfum, effluve de patchouli, la bohème. Descendre le boulevard St Michel jusqu'à Notre Dame. Entrer et allumer un cierge, pour que nos coeurs se lient, jamais ne s'oublient. Marcher et marcher encore s'asseoir à la terrasse d'un café, avec la pluie qui me cherche, me veut sans cesse. Sentir la chaleur caressante du brasero. Peu importe. Et marcher, marcher encore, poussée par le vent et la vie qui va. Marcher jusqu'à Ménilmontant. Croiser des regards, des sourires, des histoires...
Toi peut-être?! Assis à m'écrire sur des bouts de papiers improbables, entourés d'objets de bric et de broc... Un p'tit coeur rouge, bijoux de pacotille, p'tit carton écorné à l'éléphant rose.
La ville se reflète dans l'ambre de ta bière et l'écume qui s'accroche à tes lèvres te dessine une moustache. J'aime!

F.C


Petit mot...

"L'amour ne voit pas avec les yeux, mais avec l'âme".
[William Shakespeare]

jeudi 5 novembre 2009

La mer...

"Mais l'homme indifférent au rêve des aïeux - Ecoute sans frémir au fond des nuits sereines - La mer qui se lamente en pleurant les sirènes.

José Maria Hérédia.

"Elle était fort déshabillée"


"Elle était fort déshabillée Et de grands arbres indiscrets Aux vitres jetaient leur feuillée Malinement, tout près, tout près. Assise sur ma grande chaise, Mi-nue, elle joignait les mains. Sur le plancher frissonnaient d’aise Ses petits pieds si fins, si fins. - Je regardai, couleur de cireUn petit rayon buissonnier Papillonner dans son sourire Et sur son sein, - mouche ou rosier. - Je baisai ses fines chevilles. Elle eut un doux rire brutal Qui s’égrenait en claires trilles, Un joli rire de cristal. Les petits pieds sous la chemise Se sauvèrent : « Veux-tu en finir ! »- La première audace permise, Le rire feignait de punir ! - Pauvrets palpitants sous ma lèvre, Je baisai doucement ses yeux :- Elle jeta sa tête mièvre En arrière : « Oh ! c’est encor mieux !… Monsieur, j’ai deux mots à te dire… »- Je lui jetai le reste au sein Dans un baiser, qui la fit rire D’un bon rire qui voulait bien… - Elle était fort déshabillée Et de grands arbres indiscrets Aux vitres jetaient leur feuillée Malinement, tout près, tout près.

Arthur Rimbaud.

mardi 3 novembre 2009

Petit mot...

"Il y a des choses qu'on ne peut dire qu'en embrassant... Parce que les choses les plus profondes et les plus pures peut-être ne sortent pas de l'âme tant qu'un baiser ne les appelle".

Maurice Maeterlinck.

Femme aux cheveux bleus, à la pâquerette.


"Mon rêve familier"...

"Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime
Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend.
Car elle me comprend, et mon coeur, transparent
Pour elle seule, hélas ! cesse d'être un problème
Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.
Est-elle brune, blonde ou rousse ? - Je l'ignore.
Son nom ? Je me souviens qu'il est doux et sonore
Comme ceux des aimés que la Vie exila.
Son regard est pareil au regard des statues,
Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a
L'inflexion des voix chères qui se sont tues".
Paul Verlaine.
Poèmes Saturniens.

"Allégeance".

"Dans les rues de la ville il y a mon amour. Peu importe où il va dans le temps divisé. Il n'est plus mon amour, chacun peut lui parler. Il ne se souvient plus; qui au juste l'aima? Il cherche son pareil dans le voeu des regards. L'espace qu'il parcourt est ma fidélité. Il dessine l'espoir et léger l'éconduit. Il est prépondérant sans qu'il y prenne part. Je vis au fond de lui comme une épave heureuse. A son insu, ma solitude est son trésor. Dans le grand méridien où s'inscrit son essor, ma liberté le creuse. Dans les rues de la ville il y a mon amour. Peu importe où il va dans le temps divisé. Il n'est plus mon amour, chacun peut lui parler. Il ne se souvient plus; qui au juste l'aima et l'éclaire de loin pour qu'il ne tombe pas?
René Char
Extrait de"Eloge d'une soupçonnée,

"Les roses de Saadi"...

Pour un poète Kabyle de café fort...

"J'ai voulu ce matin te rapporter des roses;
Mais j'en avais tant pris dans mes ceintures closes
Que les noeuds trop serrés n'ont pu les contenir.
les noeuds ont éclaté. Les roses envolés
Dans le vent, à la mer s'en sont toutes allées.
Elles ont suivi l'eau pour ne plus revenir.
La vague en a paru rouge et comme enflamméé.
Ce soir, ma robe encore en est toute embaumée...
Respires-en sur moi, l'odorant souvenir."

Marceline Desbordes-Valmore

lundi 2 novembre 2009